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La recherche en réanimation En tant que service universitaire, la réanimation médicale exerce pleinement ses trois missions, de soin, d'enseignement et de recherche. La recherche clinique qui y est fréquemment effectuée, est parfois réalisée selon des modalités souvent ignorées du public et qui méritent donc d'être explicitées. A côté de la recherche qui est effectuée en laboratoire (souvent appelée recherche " fondamentale "), la recherche clinique permet d'améliorer nos connaissances concernant les pathologies de réanimation, d'améliorer leur prise en charge diagnostique et le traitement délivré aux patients. Notre forte implication dans cette activité de recherche clinique a pour objectif l'amélioration de nos pratiques et de la qualité des soins délivrés aux patients, dans notre service bien sûr, mais d'une manière plus générale, dans tous les services de réanimation. Les résultats de ces travaux de recherche sont en effet publiés, comme c'est la règle, et peuvent alors servir de référence. Un premier type de recherche peut concerner une surveillance simple consistant à recueillir des informations sur une pathologie, ce qui constitue une étude de type " épidémiologique ". Dans ce cadre, des données sont recueillies chez un grand nombre de patients, souvent dans plusieurs services, et servent à évaluer la fréquence d'une pathologie, son évolution dans le temps ou les facteurs qui y concourent. D'une manière générale, mais particulièrement pour ce type d'étude, des règles de confidentialité stricte sont respectées et les fichiers de données sont soumis à autorisation de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL). A côté de cette recherche purement d'observation, des tests diagnostics ou des thérapeutiques peuvent être évalués ; il peut également s'agir d'un ensemble de tests ou de thérapeutiques réunis sous forme de "stratégie " diagnostique ou thérapeutique . Les questions posées peuvent être les suivantes : dans quel ordre faut-il faire des examens pour arriver au plus vite à un diagnostic, ou dans quel ordre ou avec quelle association de traitements la prise en charge du patient sera-t-elle la meilleure ? Souvent, il s'agit de tester des méthodes diagnostiques ou des thérapeutiques qui sont déjà utilisées dans la pratique courante depuis plusieurs années mais pour lesquelles la façon optimale de les utiliser n'a pas été déterminée. Ces recherches peuvent rentrer dans une procédure réglementaire particulière intitulée "recherche sur les soins courants". Un autre type de recherche peut consister à essayer de comprendre les mécanismes d'une maladie dans l'espoir d'y apporter secondairement un remède, qu'il soit médicamenteux ou technique. C'est une étude dont l'intérêt est avant tout physiologique (compréhension du mécanisme de fonctionnement des organes) mais qui apporte souvent des informations utiles à la prise en charge des patients. Enfin, il peut s'agir d'un essai thérapeutique visant à évaluer un nouveau traitement, le plus souvent prometteur mais dont l'efficacité n'est pas encore complètement prouvée. Dans ces cas, la méthode la plus utilisée consiste à tirer au sort le choix entre le traitement classique (c'est-à-dire administré habituellement dans la prise en charge de cette pathologie) et le nouveau traitement testé. Bien souvent, cette administration est faite de manière masquée (on dit aussi aveugle) de manière à ne pas savoir quel est le traitement qui est administré, et ne pas être ainsi influencé par exemple par la nouveauté du traitement dans l'évaluation des résultats. Ces études rentrent dans le cadre de réglementations Française et Européenne, en particulier la loi Française dite " Huriet Sérusclat ". Un consentement écrit, après information orale et écrite, est obligatoire avant de démarrer une telle étude chez un patient. L'étude doit être par ailleurs soumise à l'approbation d'un Comité Consultatif de Protection des Personnes. Pr Laurent Brochard |
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